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Que faut-il savoir sur le Boufaroua du palmier dattier

Oligonychus afrasiaticus est un acarien de la famille des Tetranychidae appelé communément le Boufaroua ou Ghobar au Maghreb, qui désigne souvent une poussière du fait de la présence de toiles soyeuses blanches ou grisâtres tissées par ce ravageur autour du régime de dattes vertes (stade grossissement). Ce régime, à la longue étouffe ,réduisant ainsi ces fruits et les rendant impropre à la consommation et à la commercialisation.

Le Boufaroua est une minuscule araignée très résistante aux températures élevées et aux fortes insolations. La durée du cycle biologique est très variable et dépend essentiellement de la température ambiante. En effet, une vingtaine de génération peuvent se succéder au cours de l’année,mais les fortes pullulations sont observées du mois de mai à juillet.
Où peut-on trouver cet acarien?
On peut le rencontrer presque dans tous les pays producteurs de dattes, de l’Iran (Est) jusqu’aux Etats-Unis (Ouest), en passant par l’Arabie et l’Afrique du nord. Toutefois, il se compte parmi les trois familles d’acariens phytophages qui s’attaquent aux plantes.
En Algérie, le Boufaroua se retrouve au niveau de toutes les wilayate productrices de datte à
savoir : Biskra, El Oued, Ghardaïa, Ouargla, Béchar, Adrar, Khenchela, Laghouat, El Bayadh,
Tindouf, Tamanrasset et Illizi.
Que peut–on dire sur sa biologie ?
A partir du stade nouaison des dattes, quelques acariens migrent vers les régimes où les femelles pondent leurs œufs
qui adhèrent fortement parmi les réseaux soyeux secrétés sur les fruits.
Après éclosion, les larves se nourrissent activement par piqûre de l’épiderme des tissus végétaux et constituent la première génération.
Pendant le mois de Juin, le boufaroua est très abondant et peut provoquer la destruction des régimes entiers surtout durant la période du sirocco.
L’attaque peut se généraliser et plusieurs générations se succèdent dans le temps Quelles sont les plantes refuges de cet acarien Le phragmite (phragmites communis), le chiendent (Cynodon dactylon) et le Diss (Imperata cylindrica), sont les principales plantes hôtes de cet acarien.
Pourquoi faut-il lutter contre le Boufaroua?
Durant son activité, l’acarien se nourrit à partir des dattes et rarement sur feuilles,et cela grâce à ses pièces buccales stiliformes qui pénètrent à travers l’épiderme. Ces innombrables piqûres entrainent l’apparition de petites tâches rouges et s’étendent sur le fruit entier qui prend un aspect rugueux. A ceci s’ajoute un réseau soyeux d’aspect blanchâtre renfermant une multitude d’exuvies larvaires. La poussière et le sable emportés par le vent se collent
à ce réseau soyeux,lui donnant parfois une couleur de sable.Aussi, la pullulation de cet acarien est liée aux caractéristiques climatiques de l’année,particulièrement les hautes températures. Si au début de l’été (stade grossissement de la datte),la température est élevée, la production de datte sera la proie de ces acariens qui vont
fortement déprécier la qualité des dattes.
Quand faut-il lutter et avec qu’elle méthode ?
La lutte préventive
La lutte contre ce redoutable acarien reste tributaire de l’entretien régulier de la palmeraie,car les mauvaises herbes se trouvant à l’intérieur ou aux alentours de la parcelle constituent les premiers refuges et foyers de ce ravageur.
Une vigilance accrue aux abords des parcelles permet de réaliser un traitement chimique au moment opportun, et cela afin d’éviter l’introduction de ce ravageur à l’intérieur des palmeraies.
La lutte curative :
Elle consiste à l’application raisonnable des produits phytosanitaires homologués contre le
Boufaroua (acaricides spécifiques). Durant la période de fortes infestations (juin-juillet), 03 applications chimiques sont nécessaires pour réduire les colonies de cet acarien.
Aussi, il ne faut pas négliger le traitement acaricide des cultures sous-jacentes (cucurbitacées et solanacées) afin d’assurer une couverture optimale.

Le stade réceptif de la datte aux attaques du Boufaroua (grossissement du fruit) dure de 06 à 07

semaines environ en fonction des conditions climatiques (la température).

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